Revue boursière de la semaine terminée le 28 avril 2017

Le marché boursier est-il surévalué?

 

Le Nasdaq a franchi la barre des 6000 points pour la première fois de son histoire la semaine dernière. La bourse américaine se transigeait à 18,1 fois les profits prévus pour la prochaine année selon les données compilées par S&P Capital IQ. Le même ratio était à 16,4 fois les profits juste avant l’élection américaine. Deux éminents professeurs de finance ont des vues totalement opposées sur le niveau actuel des indices boursiers.

Selon Robert Shiller de l’université Yale, il ne fait aucun doute que la bourse est surévaluée, mais qu’elle pourrait encore monter. Selon Jeremy Siegel de la Wharton School de l’université de Pennsylvanie, le modèle de Shiller ne tient pas compte du monde dans lequel nous vivons et la bourse est encore une aubaine…

Robert Shiller base son analyse sur un ratio financier qu’il a mis au point: le ratio cours-bénéfice ajusté pour les cycles économiques. Comme les bénéfices des entreprises peuvent fluctuer beaucoup pendant un cycle économique, Shiller a établi que pour juger de la valeur des entreprises, il est préférable d’utiliser la moyenne des bénéfices des 10 dernières années (ajustés pour l’inflation) pour calculer le ratio cours-bénéfices. La moyenne historique du ratio est de 16.75 fois les profits. Quand on est au-dessus de la moyenne, on peut croire à une surévaluation et le contraire quand on est sous la moyenne. À la fermeture des marchés vendredi, ce ratio était à 29.19 fois les profits une situation qui ne s’était pas vue dans les 13 dernières années. Dans l’histoire, il n’y a que pendant la bulle des technos (1998-2002) et en 1929 que de tels chiffres ont été vus.

 

Jeremy Siegel ne se laisse pas impressionner par cette analyse et prétend que le ratio donne une fausse impression de la réalité.

Premièrement, ce ratio tient compte des profits désastreux de la crise financière de 2008-2009, pendant près de 3 trimestres les profits étaient essentiellement à 0$…
Cela fait baisser fortement la moyenne des profits et une crise comme celle de 2008 ne survient qu’une fois par 75 ans et ne se répétera pas de notre vivant… Le ratio devrait donc selon M. Siegel exclure de son calcul quelque chose qui n’est pas susceptible de revenir dans une décennie.

Deuxièmement, le ratio est basé sur les principes comptables généralement reconnus qui sont trop conservateurs et qui le deviennent davantage avec le temps. Cela a pour effet de réduire les profits actuels.

Enfin, le ratio cours-bénéfices ajusté aux cycles économiques ne tient pas compte du niveau d’évaluation des autres actifs financiers, notamment des taux d’intérêt. Nous vivons dans un environnement de faibles taux d’intérêt et cela justifie de payer des multiples plus élevés tant pour l’immobilier que pour la bourse. Tant que les taux d’intérêt resteront bas, les investisseurs seront prêts à payer plus pour l’achat d’actions que ce qu’ils payaient dans le passé.

Robert Shiller ne recommande pas à personne de tout retirer son argent du marché boursier, mais suggère plutôt aux investisseurs de remettre en question et de revoir la diversification de leur portefeuille.

Revue de la semaine terminée le 28 avril, 2017

 

Lundi, les investisseurs poussaient un soupir de soulagement suite aux résultats des élections françaises et les marchés montaient. La fête se poursuivait mardi alors que de bons résultats de Macdonald, Catterpillar et autres, faisaient monter la bourse significativement.  Le plan de réduction des impôts de Donald Trump désappointait mercredi, le manque de détails et de moyens était la raison de cette déception.  Ceci faisait en sorte que les marchés terminaient la journée en faible baisse.  De plus, Trump renouvelait son intention de  renégocier l’ALENA, ce qui amplifiait la chute au Canada.  Jeudi les marchés américains terminaient la journée au neutre alors que de bons résultats corporatifs faisaient contrepoids à la  baisse du prix du pétrole.  Au Canada, c’est la baisse du prix du pétrole qui entrainait les marchés à la baisse.  Vendredi, nous avions encore droit à de bons résultats corporatifs, et ceci faisait contrepoids à l’émission des chiffres décevants du produit intérieur brut américain.  Au Canada, la hausse des prix des matières premières faisait monter la bourse.

 

Valeur au 28 avril Variation de la semaine Variation  de la semaine %
Bourse de Toronto 15 586 -28 -0.18%
Dow Jones 20 941 +293 +1.42%
Pétrole ($US/baril) 49.33 -0.29 -0.58%
Or 1 268.28 -16.16 -1.26%
Can$/US$ 73.24 -0.84 -1.13%

Source : Bloomberg

 

Perspectives techniques et quantitatives des marchés :

Bourse canadienne Perspectives à court terme En hausse
Croissance des profits En baisse
Bourse américaine Perspectives à court terme En hausse
Croissance des profits En hausse

Source : Vector Vest

 

Ce que nous réserve la semaine du 1er au 5 mai, 2017

 

On débute la semaine avec nos rapports usuels de début de mois soit le rapport ISM (Institute of Supply Management) et PMI (Purchasing Managers Index) pour les secteurs manufacturiers américains et canadiens.  Ces deux rapports sont des indicateurs du niveau d’activité manufacturière aux États-Unis.   Mercredi, la Réserve fédérale américaine fait une mise à jour de sa politique économique.  Jeudi, les rapports sur les balances commerciales américaines et canadiennes sont publiés.  Vendredi, les rapports sur l’emploi, tant au Canada et aux États-Unis sont émis.

 

Voici quelques compagnies qui publient leurs résultats :

 

Lundi : Agrium, Tembec

Mardi : Apple, Fortis, MasterCard, Merck & Co.

Mercredi : Groupe CGI, Facebook, Gildan, Intact Assurance, Tesla

Jeudi : GreatWest Lifeco, Kellogs

Vendredi : Enerplus, Transalta

 

Sur notre radar cette semaine

 

Cette semaine c’est le titre d’Adobe qui retient notre attention.  Nous connaissons les logiciels d’Adobe qui créent les fameux fichiers PDF qui servent au transfert de documents, et c’est sur cette base qu’Adobe se spécialise dans la gestion de documents sur le nuage informatique (le ‘’Cloud’’).  Au fait, Adobe se spécialise justement dans la gestion de documents dans le nuage (photo, animation, documents traditionnels, etc.) pour le secteur des affaires.  Le ‘’Cloud Computing’’ est définitivement en croissance et Adobe est très bien placé pour en profiter.  Avec une croissance prévue des ventes de 22% et une croissance prévue des profits de 26%, Adobe est une compagnie qui devrait récompenser ses investisseurs dans le futur.  Le titre se transige présentement à approximativement 133$ et la moyenne des analystes sondés par Thompson Reuters lui donne une cible de 143$ sur un an. N’hésitez pas à nous contacter afin de valider si cet investissement peut vous convenir et le niveau de risque impliqué.